Sabrina Forget-Matte
Terra Néréïde : inter corpora
Originaire de Val-d’Or et intimement attachée au territoire, aux paysages, aux forêts de sa région d’origine, Sabrina Forget-Matte cherche à marier cette nature brute à sa personnalité éclatée. Il ne s’agit donc pas de reproduire une nature qui sait déjà créer la beauté et l’équilibre, mais de s’en inspirer pour en proposer une version transformée, fantasmée, une version qui permet de cultiver son enfant intérieur et de célébrer l’expérience unique de la vie. À l’aide de bandelettes de plâtre fixées sur de la cage à poule, l’artiste crée des formes organiques rappelant à la fois des éléments du corps et de la nature. Une couche de peinture vive et de vernis s’ajoutent pour donner une dimension ludique et combien attirante.
Féministe dans l’âme et lassée de se contenir dans les cadres qu’on a pu lui imposer, Sabrina embrasse une posture maximaliste et refuse de se limiter. « Si je peux en faire plus, je vais en faire plus », annonce-t-elle. Ainsi, l’univers qu’elle propose est excessif, coloré, fantaisiste, parfois suggestif, toujours réjouissant. Au cours de deux semaines de résidence, l’artiste se consacrera à la création de nouvelles œuvres dans le but de bonifier son exposition Terra Néréïde afin qu’elle occupe tout l’espace possible. Sabrina construit un environnement immersif se répandant jusqu’au sol dans un jeu de textures et d’accumulation à travers lequel le public pourra déambuler comme dans une forêt de plantes, de fleurs, de corail, de bonbons… et de ce qu’il voudra bien y voir.
— Texte de Gabrielle Izaguirré-Falardeau
Sabrina Forget-Matte est une artiste émergente de Val-d’Or qui détient un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval. Travaillant principalement la sculpture et l’installation, sa démarche artistique s’inscrit dans les courants du maximaliste et du surréalisme. Oscillant entre l’abstrait et le figuratif, elle crée une esthétique unique au fantastique, soit impossiblement possible. Elle a exposé à plusieurs endroits en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec, en plus d’avoir réalisé deux projets d’art public à Val-d’Or avec son duo d’artistes Histoire Aérosol. Depuis 2024, elle s’implique et baigne dans le milieu culturel régional, notamment en travaillant au centre d’exposition VOART de Val-d’Or.