Saison 2026-27

Fabienne Théoret-Jerome
Anishinabe

À venir Résidence 03.08-02.09.26 Exposition 03.09-04.10.26 Vernissage 03.09.26 — 5 à 7
© Fabienne Théorêt-Jérôme

Fabienne Théoret-Jerome dessine depuis qu’iel sait tenir un crayon. On ne saurait l’apercevoir sans un carnet à noircir de ses observations, comme des témoins du regard qu’iel pose sur le monde, sur les êtres qui l’habitent et sur le mouvement qu’ils engagent. Pour l’Anicinabekwe grandie à Val-d’Or d’un père québécois et d’une mère anicinabe de Lac-Simon, le dessin s’impose comme une forme de prière; un temps d’arrêt, de gratitude et de contemplation qui exige une présence complète et attentive envers son sujet.

Dans une posture d’amour et de curiosité insatiable envers le territoire, et accompagnée par la connaissance et la sagesse anicinabe, Fabienne cherche à représenter l’humain comme une part intégrante de la nature plutôt que comme une figure cherchant à la dominer. De la même façon que la faune et la flore peuplant le territoire sont le résultat de longues années d’évolution, Fabienne pense son art dans la continuité : chaque œuvre est le fruit de toutes les autres et s’inscrit dans l’interconnexion du monde et de celleux qui le forment.

Dans le cadre de sa résidence à l’Écart, l’artiste souhaite faire culminer son travail créatif et son vécu à travers la création d’une grande murale où se côtoient, à l’intérieur d’une silhouette humaine, des formes d’animaux, de plantes, et des symboles évoquant sa spiritualité. Une place particulière est réservée au caribou, comme l’expression de notre faillite collective à protéger la forêt boréale et à faire confiance au savoir des peuples autochtones. En peignant une image englobante, reflet du caractère holistique qu’iel donne au monde, Fabienne tend une main vers l’autre. Iel invite les visiteurs et les visiteuses à entrer humblement dans son univers de pensée. L’artiste propose ainsi une mise en action commune vers la cohabitation, vers une réconciliation inclusive avec la nature et entre les peuples.

— Texte de Gabrielle Izaguirré-Falardeau

Illustrateurice et graphiste, Fabienne Théoret-Jerome crée des œuvres qui mettent en lumière la diversité des expériences anicinabek. À travers ses images, iel cherche à représenter les siens dans toute leur richesse : multiples, expressifs, drôles, émotifs et complexes, loin des représentations figées ou réductrices.

Parmi ses réalisations marquantes, iel signe les illustrations du livre Odibi, qui retrace l’histoire des familles du Lac-Simon. Iel participe également au projet MADAMIKANA – la croisée des chemins, une initiative de médiation artistique portée par Minwashin, visant à reconnaître et célébrer la présence millénaire des Anicinabek à travers six œuvres d’art public permanentes installées aux quatre coins de l’Abitibi-Témiscamingue.