Camille Jodoin-Eng
CHLOROS EVERMORE
Camille Jodoin-Eng crée des espaces de recueillement, des portails à traverser pour naviguer entre le réel et l’intangible. Par le jeu des miroirs et des reflets, elle évoque les images et le monde qui existent en nous, que l’on visualise sans accéder pour autant à leur incarnation physique. Dans une démarche intuitive et personnelle, elle nourrit un langage de symboles et capture dans l’abstraction les observations, les pensées, les émotions qui ne sauraient se traduire verbalement. Soucieuse de soigner l’environnement et intéressée par le lien qui unit chacun de ses éléments, l’artiste cultive une pratique sculpturale faite d’installations qui allient le travail du verre et le recours aux matériaux trouvés sur son chemin, oubliés dans les poubelles ou ailleurs.
Camille pense chaque exposition comme un espace singulier pour encapsuler une période de sa vie, un état d’esprit, une partie de son corps imaginé comme une ville à cartographier. Inspirée par la nature et désireuse de créer un lieu invitant à la curiosité et à l’exploration, elle propose une exposition en marge du temps qui court, composée d’œuvres diverses comme autant de destinations à découvrir en déambulant parmi elles, de la même façon qu’on parcourt des sentiers en ouvrant notre regard aux richesses d’une forêt. Une grande toile d’araignée faite de fils électriques et de billes de verre, des fleurs de verre au cœur de caissons lumineux, un arbre où poussent des symboles sur un sol couvert de miroirs… Dans une esthétique délicate, intime, appelant au calme et à l’intériorité, l’artiste réfléchit à la cohabitation de la vie et de la mort. Sans offrir de réponse, elle songe à notre finitude en tant qu’humains et au sort que l’on réserve à la planète. Surtout, elle trouve refuge dans l’apaisement généré par la certitude que celle-ci nous survivra.
— Texte de Gabrielle Izaguirré-Falardeau
Camille Jodoin-Eng est une artiste basée à Toronto. Elle développe un langage visuel en constante évolution autour de symboles qui révèlent l’intuitif et l’indéfini. Sa pratique combine le verre, les structures en miroir, les déchets, la peinture et les dessins à l’encre. S’inspirant de sanctuaires et de temples comme des espaces de réflexions sur les réalités d’un autre monde, son travail mobilise le symbolisme et le mysticisme pour créer des installations qui envisagent les existences terrestres et spirituelles.
Elle collabore avec la galerie Patel Brown, où elle a montré les expositions individuelles Sun Shrine (2025), Convergence at the Frog Pond (2022) et Earth Shrine (2020). Son travail a été présenté dans diverses institutions à travers le Canada.