Saison 2018–19

Donald Trépanier
Kevin Papatie
Zoé Julien-Tessier
Brigitte Toutant
Pendant ce temps, il y a une messe noire, un travelling, un paysage inhabituel et une vidéo sur l’hiver

Commissaire : Matthieu Dumont

Exposition 25.01–03.03.2019 Vernissage 24.01.2019 à 17h
Donald Trépanier, S’appuyer sur du solide et regarder au loin, 2018 
 
 
 
 

L’exposition Pendant ce temps, il y a une messe noire, un travelling, un paysage inhabituel et une vidéo sur l’hiver dresse un portrait stimulant de la pratique des arts visuels en Abitibi-Témiscamingue. Les œuvres ont été conçues en tenant compte du contexte des salles de l’Espace Virtuel du centre Bang à Chicoutimi et par le travail in situ.

Cette collaboration entre le centre Bang et l’Écart concrétise le désir de voir des créateurs circuler davantage sur le territoire québécois. Ce projet s’inscrit dans un échange croisé proposé par Étienne Boulanger, commissaire de l’exposition Au fond, nous ne sommes pas seuls, présentée à l’Écart au mois de mars 2018.

Donald Trépanier
S’appuyer sur du solide et regarder au loin

Qu’elles soient ludiques, du domaine de la gymnastique ou de l’ordre de l’autofiction, les actions de Donald Trépanier se développent comme à l’intérieur d’une arène de boxe, dans un contexte de prise de position politique, d’engagement et de combat. Ses performances demandent souvent la participation du spectateur qui se voit alors comme un élément important d’un questionnement à saveur sociale et identitaire. Donald Trépanier explore, par ses performances, les valeurs occidentales qui sont abordées comme un lieu de promesses perpétuelles du bien-être au profit de l’abandon de soi et des idéaux collectifs.

Pour cette exposition, à l’intérieur d’un environnement créé par un dessin au mur et divers objets d’allure art and craft, l’artiste exécutera quelques prouesses verbales et de gymnastique. Les courtes actions chaotiques donneront la chance de voir se transformer une installation dans laquelle l’accident et la dérive sont maîtres. Le tout prendra la forme d’une cérémonie à l’allure d’une messe noire où le performeur sera à la fois gourou et objet d’une manipulation occulte.

Bachelier interdisciplinaire en création visuelle de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Donald Trépanier a participé à de nombreux évènements en performance, notamment à la Foire d’art alternatif de Sudbury, à la Biennale d’art performatif de Rouyn-Noranda, au LOBE à Chicoutimi, à Ex Teresa au Mexique et à l’OFFTA à Montréal. Son travail en peinture a été diffusé dans le cadre d’expositions solos et collectives notamment à la Maison de la culture Côte-des-Neiges à Montréal, à L’Écart et à la Galerie Rock Lamothe art contemporain. Il enseigne les arts visuels au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

Kevin Papatie
De la maison

Les films de Kevin Papatie sont poétiques, engagés, militants et concis. Le cinéma est devenu son activité principale et il participe à plusieurs évènements et festivals locaux et internationaux en tant que réalisateur et ambassadeur de la Wapikoni mobile. Il s’investit grandement pour la reconnaissance de la culture anicinabe et travaille actuellement sur un projet de long métrage de fiction. Pour cette exposition, l’artiste a créé une nouvelle vidéo expérimentale sur le thème de l’hiver, précisément sur son aspect rude dans un contexte parfois difficile pour la communauté de Kitcisakik. Les images ont été filmées qu’à partir de la maison de l’artiste.

Originaire de Kitcisakik, une communauté algonquine située en Abitibi, Kevin Papatie compte parmi les premiers participants de la Wapikoni mobile avec laquelle il s’est illustré en tant que réalisateur, caméraman, preneur de son, musicien et coordonnateur. Il a réalisé une douzaine de courts métrages dans le cadre du projet. Son film Wabak (2006) a remporté le prix du meilleur film expérimental au Winnipeg Aboriginal Film Festival (2007) et le prix Jeune espoir «Mainfilm» au Festival Présence autochtone (2007). L’Amendement (2008) a été présenté en première partie du film L’âge des ténèbres, de Denys Arcand, distribué dans 120 salles au Québec, et a remporté le Prix du meilleur film en langue autochtone au Festival Imagine Native 2008.

Zoé Julien-Tessier
Barrissements et feuillages luxuriants

C’est par une approche intuitive que Zoé Julien-Tessier explore la création. Elle propose une imagerie étrange, peuplée de personnages dont la structure est inhabituelle. Les genres sont mélangés. La sexualité, le poil et les standards physiques hors normes questionnent et dérangent. Son univers visuel est rempli de questions sans réponse. De prime abord coloré et sympathique, il entraine le regardeur dans un univers mélangé qui pourrait ressembler à une sorte de cirque surréaliste.

Pour l’exposition, l’artiste intervient sur des objets afin de transformer leur aspect et d’apporter un questionnement par rapport au corps et à notre rapport à celui-ci. Dans cette installation, plutôt qu’être mise de l’avant, la peinture servira à créer un environnement pour les objets présentés. L’artiste présente une esthétique colorée et primitive où humains et animaux ont leur place.

Autodidacte, Zoé Julien-Tessier est une artiste de la relève qui vit et travaille à Rouyn-Noranda. Son travail a, entre autres, été présenté à la galerie de la Fontaine des arts (2016) et à la Bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda dans le cadre des Journées de la culture (2014). Rugir : pousser des cris de bête sauvage présentée à L’Écart en 2017, était sa première exposition solo en centre d’artistes. Elle fait aussi partie des artistes invités dans le cadre des résidences du 25e anniversaire de L’Écart.

Brigitte Toutant
Arrêt sur image d’un battement de mon cœur

Ce triptyque, conçu originalement pour la deuxième salle de l’Espace Virtuel de BANG, propose un système au cœur duquel se concentre une source d’énergie visant à en assurer la pleine expansion. Dans la fenêtre d’une surface panoramique, un arrêt sur l’image, alors que de multiples composantes interagissent entre elles pour effectuer une opération. Un battement dans le temps, comme un repère. Ce qui se passe l’instant d’avant ou d’après appartient à la perspective de celui qui regarde. Si on remet l’image en marche, tous les éléments du tableau vont probablement bouger, se transformer, disparaitre pour laisser place à autre chose. Comme ça n’arrivera pas, il n’en demeure pas moins que la composition du collage évoque le temps qui transforme, des états qui s’intercalent.

Détentrice d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval à Québec (1997), Brigitte Toutant vit et travaille à Rouyn-Noranda. Elle a participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives, entre autres à la Galerie Rock Lamothe art contemporain (2017), à la Galerie du Rift (2013), au Centre d’exposition de Rouyn-Noranda (2013) et à la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord dans le cadre de l’exposition collective Excès et désinvolture (2010). Elle a obtenu des bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Fonds des arts et des lettres de l’Abitibi-Témiscamingue et a réalisé plusieurs œuvres d’intégration des arts à l’architecture au Québec. La Ville de Rouyn-Noranda lui a remis le Prix Artiste lors de la remise des Prix de la culture (2012).