Saison 1998–99

Pascale Landry
Michel Sylvestre
Le triptyque de la petite bête noire

Exposition 15.01–14.02.99
 
 
 

Au départ, un souvenir d’enfant. Une fête foraine. Vingt-cinq cennes données contre la promesse de voir un animal étrange. On faisait la file et, un par un, nous avions accès par un orifice pratiqué dans une boîte cartonnée à cette petite bête rare. Horreur ou déception. Sentiment d’avoir été flouée. L’animal derrière ses grands yeux noirs, sa bouche trop grande, ses canines pointues et ses poils noirs bien lissés n’avait rien d’étrange. Il s’agissait de mon propre visage réfléchi dans un petit miroir.

Et puis beaucoup plus tard l’imagination se met en branle, donne un autre sens à l’anecdote, elle superpose les images, pille allègrement. Ce que ça donne? Un pied de nez au quotidien. Un goût mi-figue mi-raisin. Entre l’amer et le clin d’oeil. Entre l’humour noir et le rire jaune. Peut-être la crainte sourde que la vie s’enlise et la conviction profonde que tout est toujours à refaire. Surtout pas une réponse. Plutôt une question. Quand le sens est miné. La réalité court-circuitée.

Peut-être. Allez savoir.

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