Nico Williams
Le Cadeau
Avec la participation de Stevi Riley et Burlington Tooshkenig
Artiste anicinabe basé à Tiohtià:ke/Monyny’yank/Montréal, Nico Williams recourt à l’art traditionnel du perlage pour créer des œuvres sculpturales ancrées dans une représentation de nos réalités contemporaines lourdement marquées par l’héritage et les impacts du colonialisme, notamment à travers la reproduction d’objets de consommation. Intrigué par la faillite de la Compagnie de la Baie d’Hudson au printemps 2025, l’artiste a entrepris une recherche d’envergure qui l’a mené à découvrir les liens étroits entretenus entre les communautés autochtones d’Amérique du Nord et les premiers colons français. Bouleversé par la violence de l’histoire coloniale à travers l’appropriation des terres, des ressources et des corps des populations autochtones, l’artiste poursuit une démarche de création dans laquelle il dénonce cet accaparement avec franchise et avec une certaine irrévérence envers les codes.
L’exposition The Gift constitue pour lui une occasion de partager des savoirs et d’approfondir la compréhension des liens historiques et contemporains entre les différentes nations à travers le territoire.
En 2025, Nico Williams a amorcé une collaboration avec l’artiste Stevi Riley, basée à Bkejwanong (« là où les eaux se divisent », anciennement connue sous le nom de Walpole Island), et liée à la communauté voisine d’Aamjiwnaang (« au ruisseau de frai »). À ce moment, Williams menait des recherches sur les multiples orthographes et traces archivistiques du nom de la nation anishinaabe, dont le territoire s’étend sur plus de 8 millions d’acres aux États-Unis (Detroit, 1807) et 2,2 millions d’acres près de Sarnia, au Canada (Amherstburg, 1827).
Il a invité Riley à créer des médaillons à partir de dix-sept noms recensés des Anishinaabe. En réponse, elle a élaboré des motifs tissés distincts inspirés des récits associés à chacun, traduisant la fragmentation des archives en formes matérielles. L’accompagnement de Linda Grussani, à Ottawa, assure que le projet demeure ancré dans des récits et des savoirs anishinaabe contemporains.
Ce projet collaboratif soutient des efforts plus larges visant à reconstruire la nation, à répondre aux histoires de déplacement et à célébrer les pratiques artistiques contemporaines anishinaabek/neshnabék (mamazinibii’igewein). Williams a également invité Burl Tooshkenig à réagir au motif otterbox, important motif géométrique de la culture visuelle anishinaabe se retrouvant peints sur les murs de sa présente exposition.
L’exposition Le Cadeau réunira des artefacts, des œuvres perlées et des sculptures faisant état de la relation et de la culture d’échange entre les premiers peuples et les premiers colons français. Par-delà la dimension politique de son art, Nico Williams insiste sur la richesse des matériaux, sur la couleur et la brillance des perles. Il invite d’abord les visiteurs et les visiteuses à tomber, comme lui, en amour avec l’art du perlage et le riche héritage culturel qui le sous-tend.
— Texte de Gabrielle Izaguirré Falardeau avec la participation de l’artiste
Nico Williams, ᐅᑌᒥᐣ (né en 1989) est un membre de la communauté de la Première Nation Aamjiwnaang (Anishinaabe) qui vit et travaille présentement à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. Sa pratique multidisciplinaire, et souvent collaborative, est centrée autour du perlage sculptural. Il est actif au sein de la communauté autochtone artistique de Montréal et dans l’équipe de recherche sur le perlage géométrique contemporain. Il est récipiendaire de la prestigieuse bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain (2021), de même que des bourses Impetus et Fluevog pour les artistes. Son travail a été présenté à travers le Canada et à l’international, et fait partie de nombreuses collections publiques, notamment du Musée des Beaux-Arts de Montréal, du Musée des Beaux-Arts de l’Ontario et du Musée d’art contemporain de Montréal.
Stevi Riley est une artiste Anishinaabe, membre de Bkejwanong (Walpole Island First Nation), qui signifie « Là où les eaux se divisent ». Elle a plus de 10 ans d’expérience en perlage. Son travail a été vu dans les bandes promotionnelles pour les émissions « Reservation Dogs » et « Canada’s Drag Race ». Ayant une pratique ancrée dans la culture populaire, elle se spécialise dans la réalisation de portraits en perlage.
Burlington Tooshkenig est un artiste Anishinaabe de la Première Nation de Walpole Island, en Ontario (Canada). L’art traditionnel de la vannerie en foin d’odeur lui a été transmis par sa grand-mère dès son plus jeune âge. À travers sa pratique, Burlington contribue à faire revivre diverses formes d’art et utilise des moyens novateurs pour mettre en valeur sa culture à travers son art. Il enseigne certaines de ces formes d’expression artistique lors d’ateliers organisés dans diverses communautés autochtones, ainsi qu’en ligne via Zoom. Burlington réside actuellement à Sioux Lookout.