Saison 2018–19

Mathieu Beauséjour
d’accord

Exposition 25.04–02.06.2019 Vernissage 25.04.2019 à 17h Résidence 15.04–25.04.2019
 
 
 
 
 
 
 

Mathieu Beauséjour vit et travaille à Montréal. Il a exposé en Europe et au Canada à l’occasion de nombreuses expositions telles que Mathieu Beauséjour : Les formes politiques, au Musée des beaux-arts de Montréal (2016), La révolte de l’imagination – une rétrospective au Musée régional de Rimouski (2015), lors de la Manif d’art 7 de Québec (2014) et au Musée d’art contemporain de Montréal dans le cadre de la Triennale québécoise (2011). Son travail a fait l’objet de plusieurs catalogues d’exposition, dont La Révolte de l’imagination (2015). Ses œuvres font partie de diverses collections privées et publiques. Mathieu Beauséjour est représenté par la galerie Antoine Ertaskiran à Montréal.

Le travail de Mathieu Beauséjour s’oriente dans une perspective de résistance, de détournement et de paradoxes sémantiques. Ses œuvres relèvent de préoccupations quant à l’interprétation des symboles de pouvoir tels l’argent, la monarchie ou le soleil. Il s’intéresse à la construction de l’histoire à travers les révoltes et les utopies ainsi qu’à la (re)matérialisation des idées en objets d’art, que ce soit sous forme de dessins, d’images fixes ou en mouvement, ou par l’utilisation de dispositifs d’installation.

L’exposition d’accord regroupe des œuvres qui opèrent dans le registre du double, de la doublure, du même, du pareil et de l’effet miroir. Le corpus composé d’images imprimées, de dessins et de GIF a pour objet principal la figure humaine masculine qui se complète dans son dédoublement. En ce sens on peut qualifier ce corpus d’«homoforme». Les œuvres fonctionnent selon l’équation suivante : lorsqu’un se multiplie par deux pour former une nouvelle unité (un), en accord (ou pas).

Plusieurs œuvres présentées à l’intérieur de l’exposition exploitent le rapport de force de la présence policière et manipulent leurs attributs de sorte qu’un sens parodique interfère avec leur nature autoritaire. La série Bonhomme expose des hommes d’affaires dépourvus de têtes qui se miroitent et laissent parler leurs mains comme dans une langue des signes. En observant deux cordes qui s’épousent et un hochement de tête, la vidéo Grope ainsi que le dispositif vidéo No mettent en relation la répétition et l’effet de boucle avec des actions propres au resserrement et à la négation. Dans l’image composite Adoration, un corps fragmenté, à genoux, sous domination ou dévoué, manifeste une posture de dualité et d’oppression. C’est d’après une dynamique affective entre la soumission et la séduction que maintes de ces images se tissent. Au cours de sa résidence à l’Écart, l’artiste s’est également investi à la création de nouvelles œuvres dont une sculpture et des explorations en dessin.

Aussi, dans la petite salle est présenté Dessine-moi un soleil, un projet auquel le public est invité à participer tout au long de l’exposition. Les dessins réalisés sont rassemblés pour former une œuvre murale où la multiplicité de l’astre solaire apparait comme une accumulation d’énergie autant qu’un aveuglement collectif. Beauséjour exploite l’image du soleil tel un élément impossible à regarder, un symbole tout-puissant, générateur de vie, d’abondance, qui simultanément se donne et se consume.