Saison 2025-26

Kyle Alden Martens
Split Hairs

À venir Exposition 16.04-14.06.26 Vernissage 16.04.26 — 5 à 7
Hands, 2025. Cuir, fil, crochet à vêtements en aluminium, bois d'érable ambrosia, 82" x 12.5" x 12.5". © B. Brookbank

On pourrait croire que c’est un chandail, une chaussure, un gant, un accessoire, mais c’est de sculptures qu’il s’agit. Ce pourrait être une œuvre en soi ou encore la fraction d’une plus grande installation. On pourrait penser qu’un élément en contient un autre, mais ça pourrait tout aussi bien être le contraire. Kyle Alden Martens utilise les symboles du vêtement, des accessoires et de leurs espaces de rangement pour provoquer l’ambiguïté et proposer une lecture fluide des objets, qui pourrait tout aussi bien s’appliquer à l’orientation et au genre. En recourant à des matériaux inspirant le luxe et la somptuosité, comme le cuir et la soie, l’artiste cherche à provoquer un rapport de séduction et à susciter l’attrait des spectateurs et spectatrices pour des objets qui, à prime abord, semblent familiers, mais que la disposition et les dimensions altérées peuvent rendre inconfortables, voire dysfonctionnels.

Désireux de rejeter les systèmes de pouvoir, Kyle Alden Martens illustre comment certaines structures normatives, notamment celle du temps, sont vécues différemment et remises en question par la communauté queer. L’inversion des échelles et la fluidification des codes dominants se poursuit dans la disposition de l’espace. Les représentations de bottes, d’un gant, de talons hauts moulés dans le cuir tout comme d’autres accessoires tels que des ciseaux ou des montres aux bracelets longuement étirés s’imposent dans les lieux, le public se trouvant alors entouré, voire supplanté par celles-ci, mais peut-être, surtout, protégé par elles. Curieux d’observer la relation créée entre le public et l’installation, l’artiste multiplie les interprétations possibles: l’exposition montre-t-elle un processus de fabrication ou le désassemblement des installations? Au bout du compte, ce peut tout aussi bien être les deux à la fois; quelque chose qui se fait et se défait simultanément, sans chercher l’intégration à une catégorie finie, ce qui n’est pas sans rappeler les vécus queer.

— Texte de Gabrielle Izaguirré Falardeau

Kyle Alden Martens (né en Saskatchewan) est artiste et travaille la sculpture, l’installation, la performance et la vidéo. Ses œuvres sculpturales explorent la manière dont les vêtements sont ajustés pour épouser le corps, tout en reconfigurant la queerness de façon à perturber les structures symboliques et physiques préétablies. Martens détient une maîtrise en sculpture de l’Université Concordia et un baccalauréat en Intermédia de l’Université NSCAD. Ses recherches ont été soutenues par le Conseil des arts du Canada, le CALQ, la bourse pour les arts Dale et Nick Tedeschi, le SSHRC, le FRQSC et la bourse en art contemporain Claudine et Stephen Bronfman. Son travail a été présenté dans le cadre d’expositions et de foires à travers le Canada et en Amérique du Nord, notamment au Centre Clark, à Bradley Ertaskiran, Pangée, Circa Art Actuel, à la galerie Leonard & Bina Ellen, au centre pour les arts The Khyber, à la Stride Gallery, Eastern Edge Gallery, Barely Fair, Nada Foreland, Feria Material et Patel Brown.