Saison 2025-26

Dominique Sirois
La chambre virtuelle
Commissaire: Jean-Michel Quirion

En cours Exposition 12.02-05.04.26 Vernissage 12.02.26 — 5 à 7
Endormie, 2025 — Aluminium, dossier d’une chaise d’ordinateur. © Dominique Sirois. 
La chambre virtuelle, 2025. © Dominique Sirois 
La chambre virtuelle, 2025. © Dominique Sirois 
La chambre virtuelle, 2025. © Dominique Sirois 
La chambre virtuelle, 2025. © Dominique Sirois 
La chambre virtuelle, 2025. © Dominique Sirois 
La chambre virtuelle, 2025. © Dominique Sirois 

La surexploitation des ressources, l’essor des technologies, les systèmes spéculatifs et la marchandisation forgent les engrenages dominants de nos modes de vie consuméristes. Nous travaillons pour produire, produisons pour consommer, et consommons afin de justifier un travail toujours plus envahissant, pris dans un cycle excessif qui absorbe notre existence — jusque dans ses sphères les plus intimes. Que pouvons-nous faire, dans l’immédiat, pour freiner ces mécanismes persistants et invasifs ? Refuser l’éveil obligé. Somnoler. Outrepasser le jour. S’endormir. (Sur)vivre la nuit. Extraire les chimères du surréalisme. Devenir des êtres alchimiques. Se soustraire à la vacuité des surfaces écraniques. Dormir. Rêver. À jamais. 

Le corpus La chambre virtuelle de l’artiste Dominique Sirois considère la métamorphose comme un pouvoir évocateur et émancipateur à la fois. Le projet convoque, dans une filiation surréaliste, l’alchimie et postule que la matière la plus vile recèle un potentiel inestimable : celui de transmuer un matériau quelconque en pierre précieuse. Il ne s’agit pas ici de tout soustraire entièrement au réel, mais d’en décanter une magie résiduelle transformatrice. 

L’installation prend la forme d’une chambre de gestation créative, en résonance avec l’idée d’un espace de travail nécessaire aux femmes, telle que formulée dans Une chambre à soi (1929) de Virginia Woolf. Des parcelles de corps féminins en argile interagissent avec le mobilier-sculpture — rappelant aussi bien le laboratoire que le bureau — et mettent en parallèle la scientifique occulte et l’archétype de la créatrice, confrontées au formatage algorithmique de l’intelligence artificielle. En ce sens, l’artiste revendique l’héritage des femmes alchimistes, de Marie la Juive à Marie Meurdrac, figures d’un savoir expérimental longtemps maintenu en marge des récits décisifs du progrès. Ces dernières sont à l’image de tant d’autres voix occultées de l’Histoire, à l’instar des artistes surréalistes Leonora Carrington et Remedios Varo, véritables inspirations de Sirois dans ce projet.

À Rouyn-Noranda, ville d’extraction minière, La chambre virtuelle agit comme un contre-espace : un lieu bien à soi, où la matière ne sert plus à produire et à consommer, mais à repenser et à rêvasser la quête philosophale de Sirois. 

Le présent projet s’inscrit dans la trajectoire collaborative de l’artiste Dominique Sirois et du commissaire Jean-Michel Quirion, entamée à AXENÉO7 (2018, Gatineau) et poursuivie avec l’exposition L’eau souillée est devenue poussière bleue sous les rayons du soleil, présentée à DRAC — Art actuel (2022, Drummondville). 

— Texte de Jean-Michel Quirion, commissaire

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Dominique Sirois remercie le Conseil des arts du Canada (CAC) ainsi que le Programme d’aide financière à la recherche et à la création (PAFARC) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour leur soutien financier. L’artiste tient également à remercier l’Atelier du bronze, Alexandre Bérubé, Élyse Brodeur-Magna, Marie-Michelle Deschamps, Geneviève Grenier, Véronique Lacroix, Julia Lamarche, Rachelle Marcoux, Jean-Michel Quirion et Alexandre Sirois. 

Jean-Michel Quirion remercie Dominique Sirois pour sa confiance, d’un projet à un autre. Le commissaire remercie aussi Marie-France Brière, Steve Giasson, Jason Maynard, Lucie Rocher et ses collègues de la revue Vie des arts : Sophie Bertrand, Fanny Charbonneau et Charles-Antoine Goulet.  

Enfin, Sirois et Quirion remercient l’équipe de L’Écart pour sa contribution inestimable à ce projet d’envergure. 

 

Originaire de Tiohtiá:ke/Mooniyang/Montréal, l’artiste et enseignante Dominique Sirois détient une maîtrise (2010) et un doctorat (2022) en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Les œuvres de Sirois ont été diffusées dans plusieurs centres d’artistes au Canada, dont Latitude 53, Centre CLARK, Diagonale, AXENÉO7 et L’Œil de Poisson. Elle a également exposé dans plusieurs galeries privées à Montréal et Toronto, notamment Bradley Ertaskiran, Blouin-Division, Laroche-Joncas, Pangée, puis Patel Brown. Elle a effectué maintes résidences hors du Québec, dont à Glasgow, Paris, Barcelone et Banff. Lors de collaborations, Sirois a présenté son travail au Musée Ludwig de Budapest, au Commun à Genève, au Unicorn Center for Arts à Beijing, à l’iMAL de Bruxelles, de même qu’à la Galerie de l’UQAM et à la Fondation PHI à Montréal.

Jean-Michel Quirion est titulaire d’une maîtrise en muséologie de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Travailleur culturel depuis une dizaine d’années, il a occupé les postes de direction d’AXENÉO7 à Gatineau (2019-2020) et de codirection générale du Centre CLARK à Montréal (2022-2025). Il est maintenant à la codirection de Vie des arts où il est responsable de l’édition. En tant qu’auteur, il contribue pour des publications et écrit régulièrement à des revues spécialisées comme Ciel variable, ESPACE art actuel, Esse arts + opinions et Inter art actuel. Ses projets de commissariat ont été montrés notamment à la Galerie UQO et à AXENÉO7 à Gatineau, à la Carleton University Art Gallery à Ottawa, à DRAC — Art actuel Drummondville, à L’Œil de Poisson à Québec, ainsi qu’à ROSALUX à Berlin.