Saison 1992–93

Christiane Desjardins
Salle des pas perdus

Exposition 14.11–13.12.92
 
 
 

« L’installation se compose de cinq oeuvres photographiques imprimées sur plexiglas transparent ou verre et présentées dans des châssis de bois. De l’émulsion liquide a été appliquée par couches successives sur les surfaces transparentes et texturées.

La manipulation par des montages photographiques de même que la technique d’impression choisie ont contribué à modifier le processus d’inscription des images finales. Les images choisies illustrent des éléments architecturaux que traverse un « ange » mi-animal, mi-divin. Cette présence se fraye un chemin tout près de nous, dans notre quotidien pour rejoindre le futur et s’inscrire ainsi dans la continuité fluide du réel. La transparence des images nous amène à considérer les images photographiques comme des visions indéterminées et éphémères du réel. Elles peuvent se voir d’un côté comme de l’autre, en relation à la fois avec le dehors et le dedans, le lointain et l’immédiat. L’ensemble du travail se lit comme une trajectoire qui se développe à travers le temps et l’histoire.

La galerie est traversée par le passage de l’ange vers un ailleurs. L’installation se développe autour de l’élément giratoire (pièce circulaire), lieu et moment où l’ange a posé ses pieds et marqué le temps présent. Les autres pièces suggèrent le déploiement de l’ange dans l’espace et son déplacement entre le passé et le futur. Comme je m’intéresse à la mémoire et à la transformation des images dans l’espace mnémonique, j’ai voulu donner à mon travail un aspect très aérien et fluide afin de permettre au spectateur de transformer à sa guise les éléments présentés et les relier à son propre univers.

J’ai intitulé l’exposition Salle des pas perdus parce que je voulais recréer des lieux qui traduiraient l’immensité sans l’infini. Dans son emploi commun, la salle des pas perdus désigne les salles d’attente dans les gares. C’est un espace anonyme où l’action côtoie l’attente et la contemplation. La conception de ces salles est directement reliée à un désir de contenir l’espace et le temps afin de tenter de les définir. »

– Christiane Desjardins

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